La première promesse de Dieu à Abraham (Gn
12.2) ne s'est pas accomplie en un laps de temps " raisonnable"
: Abraham et Sara sont devenus vieux. Plus ils vieillissaient,
plus l'absence d'héritier devenait une question pressante.
Comment la promesse divine se réaliserait-elle ? Etait-il
justifié qu'Abraham interprète autrement la promesse ?
Abraham et Sara ont d'abord pensé adopter leur serviteur
Eliezer (Gn
15.2, 3). Certaines des tablettes de Nuzi, qui datent
d'avant 1'époque des patriarches, évoquent la coutume selon
laquelle un couple sans enfant pouvait adopter un serviteur
ou son fils pour qu'il hérite de ses biens. Ce serviteur,
en retour, devait assurer à ses parents adoptifs des funérailles
décentes. Ce contrat stipulait, cependant, que cette règle
coutumière devenait obsolète si le couple avait ensuite
un enfant. Abraham avait, légalement, le droit de songer
à une telle solution. Il s'agissait d'une coutume parfaitement
admise.
La tentative suivante, pour s'assurer un héritier, est
venue de Sara. Après avoir résidé en Canaan dix ans, elle
a suggère à Abraham d'aller vers sa servante, Hagar (Gn
16.1-3). Là encore, les tablettes de Nuzi évoquent une
coutume semblable. La femme d'un couple sans enfants pouvait
donner sa servante esclave à son mari, les enfants éventuels
nés de cette union demeurant sous son autorité. Les contrats
de Nuzi spécifient également que le fils né d'une esclave
héritait de tous les biens sauf si la femme légale avait
un enfant plus tard. Un fils ainsi né à Abraham réaliserait
la promesse, car il sera il serait "celui qui sortira de
lui".
Vingt-cinq ans se sont écoulées, pour Abraham et Sara,
dans l'attente de l'héritier promis. A chaque promesse et
chaque année écoulée, Dieu laissait davantage suggérer qu'il
s'agirait d'un enfant du miracle.