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L'hébreu
d'origine fait ici un jeu de mots qui n'apparaît pas
dans la traduction. Le mot traduit par " réputation
" ou " nom " (shm) est très proche
du terme signifiant " onguent " ou "
huile " (shmn). Il s'agit de l'un de ces
artifices linguistiques et poétiques qui, bien que
n'ayant sans doute pas de sens profond ou caché, donne
à la langue d'origine une force et une beauté
qui, malheureusement, sont perdues dans la traduction.
A
première vue, ce verset, notamment la dernière
partie, rappelle le pessimisme de Salomon : il vaut mieux
ne pas être né que vivre et voir tout le mal
qui se fait sous le soleil ; il vaut mieux être mort
à la naissance que vivre, etc. Ec
7.1, cependant, semble dire autre chose. La clef se trouve
peut-être dans la première partie du verset.
Le
message est évident : une bonne renommée a de
la valeur. Ce qui vient ensuite dans le texte s'insère
harmonieusement. Jean-Paul Sartre avançait que la vie
d'une personne se définit essentiellement par sa mort,
car à la mort tout est fini. Plus de transformations,
plus de potentialités, plus de croissance. Une personne
n'est rien d'autre que ce qu'elle est au moment de sa mort.
En
un sens, c'est correct. Les occasions d'acquérir une
bonne renommée, un bon caractère et d'avoir
sur le monde et pour le royaume une influence positive, n'existent
plus une fois que l'on est mort. Le caractère se forme
ici-bas et non dans la tombe. Le salut nous est offert maintenant
et non après la mort.
C'est
pourquoi, en un sens, ce verset traite en réalité
de nos priorités. Une bon-ne réputation est
durable ; la personne méchante ne fera que passer,
comme l'odeur d'un onguent, sans doute, il est donc important
que nous fassions at-tention au temps dont nous disposons
et que nous accordions une priorité à nos actions.
Qu'est-ce qui aura un impact bénéfique durable,
voire éternelle en op-position à ce qui sera
un jour disparu et oublié? C'est certainement là
un sujet de réflexion utile.
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