Dimanche
11. Relations chrétiennes

<<SOUMETTEZ-VOUS LES UNS AUX AUTRES >>
(Ep 5.21)


Lisez Ep 5.21. Que dit Paul ici?
Ce verset fait suite à Ep 5.18 " Soyez remplis par l'Esprit ". La soumission chrétienne n'est pas de la servilité, c'est une attitude d'humilité et de considération les uns pour les autres. Il est certain qu'elle n'est pas naturelle, elle découle de la présence de l'Esprit en nous, comme la communion et l'adoration, le chant et la louange, et les actions de grâces continuelles (Ep 5.19,20).

Vue sous cet angle, la soumission n'a pas la connotation qu'on lui attribue normalement. La Bible ne préconise pas des relations sociales dominées par des attitudes tyranniques, autoritaires et injustes, les uns exerçant un pouvoir et les autres réduits a l'impuissance.

Certes, Paul précise qu'il faut se soumettre " dans lacrainte du Christ ". Les relations et le comportement du chrétien - que ce soit entre conjoints, parents et enfants, maître et esclave impliquent la soumission, mais dans un contexte de révérence envers le Christ. Dieu ne détruit pas, il construit. il n'est pas tyrannique et égoïste, mais aimant. La révérence envers le Christ trace une limite que l'appel à se soumettre ne franchit pas. Là où se soumettre équivaut à violer sa conscience ou la volonté divine, l'audacieuse déclaration de Pierre prend le relais : " Il faut obéir a Dieu plutôt qu'à des humains. " (Ac 5.29) Que doit faire la femme ou la jeune file quand l'homme de la maison insiste pour qu'elle se prostitue dans le but de lui ramener de l'argent? Comment doit réagir l'enfant quand son père lui ordonne de vendre de la drogue au coin de la rue? Se soumettre? Jamais. La soumission n'est jamais absolue, elle peut être remise en question. C'est la volonté de Dieu qui en trace les limites. Le chrétien qui s'attend à une attitude de soumission outrepassant celle-ci n'a le droit ni d'être appelé ainsi ni d'obtenir des privilèges. Se soumettre " dans la crainte du Christ " (Ep 5.21) implique que la femme éprouve du respect pour son mari et que celui-ci ait de la dignité et le sens de l'honneur. C'est d'autant plus crucial à notre époque, où la maltraitance des femmes et des enfants est courante. Aucun enfant de Dieu ne doit être traité comme moins que rien.

C'est une chose de se soumettre quand on ne devrait pas le faire, une autre de le faire quand on y est obligé. C'est parfois même plus dur. Pourquoi est-ce seulement au pied de la croix que l'on apprend le sens de la soumission chrétienne? Pour se soumettre, il faut mourir à soi-même. Discutez-en. Voir Lc 9.23.